Reverse engineering
Un article de IEpedia.
Qui n'a pas tenté, dans son enfance (parfois même après!) de démonter un réveil, une radio...pour savoir comment l'appareil fonctionnait ?
La technique du « reverse engineering » (ou encore rétro-ingénierie, back-engineering) reprend les mêmes fondements bien que les ambitions soient bien moins innocentes. Elle consiste donc à étudier un objet, un procédé parfois un simple composant du produit pour en déterminer le fonctionnement et/ou la méthode de fabrication.
Nous le voyons, il s'agit clairement d'une opération consistant à récolter des informations essentielles sur un produit afin d'en exploiter, à son profit, la substance dans le but d'obtenir un avantage concurrentiel.
Une société qui se lance dans une telle démarche a toujours une idée bien précise en tête. Elle entend progresser sur le terrain de ses concurrents que ce soit en améliorant son propre produit ou alors d'utiliser les éventuelles failles pour, par exemple, lancer une opération de dénigrement, une attaque à l'image du concurrent en activant les canaux-clients tels que les blogs de consommateurs ou autres...
Pour peu que vos concurrents disposent d'un staff technique suffisant (et expert), le reverse engineering permet aussi de pouvoir maintenir une veille active sur vos produits, vos techniques, parfois vos projets ou pire encore de rentrer dans le champs de la contrefaçon avec les conséquences que l'on connaît sur l'entreprise victime.
Mais alors, comment se protéger ?
En adoptant l'attitude fataliste, nous pourrions dire qu'il n'y a pas grand chose à faire contre cette technique...En effet, qui peut empêcher un concurrent d'acheter votre produit et de le « désosser » dans la foulée ? L'acte d'achat rend l'acheteur propriétaire du produit et finalement, il peut en faire ce qu'il souhaite !
Mais restons objectif à défaut d'être optimiste. Une fois de plus, il s'agit d'anticiper, d'une part en évaluant le risque, quitte à procéder vous même à un « reverse » sur votre produit pour identifier les menaces potentielles et d'autre part de se prémunir par le biais de la propriété intellectuelle et du brevetage notamment lorsque une innovation est en jeu. L'outil juridique reste une fois de plus un moyen efficace d'assurer ses arrières.
Références (non exhaustives) :
- Rapport Martre – P.15
- Un témoignage de société exploitant la technique dans « Intelligence Economique : une enquête dans 100 PME » de Sophie Larivet
- CIGREF – Rapport « Intelligence Économique et Stratégique – Système d'informations » - page 47 (Nota : le CIGREF qui reprend l'ouvrage de Patyron Emmanuel «La veille stratégique – Edition Economica – 1998).
