ONG
Un article de IEpedia.
- Définition :
Je n’ai retenu que celle donnée par le Département de l’Information des Nations Unies : « Un groupe de citoyens volontaires, sans but lucratif et organisé à l’échelon local, national ou international. Les organisations non gouvernementales remplissent divers types de services et fonctions : humanitaires, d’information aux gouvernements sur les préoccupations de leurs citoyens, de surveillance des politiques des gouvernements et de promotion de la participation politique au niveau communautaire. Elles fournissent des analyses et expertises, servent de mécanisme d’alerte avancée et aident à superviser et mettre en œuvre les accords internationaux. Certaines sont organisées autour de questions spécifiques telles que les Droits de l’homme, l’environnement ou la santé ».
Bill Clinton annonçait en 2005 « Le monde est aux ONG » visionnaire l’ex-mister président ? Réaliste plutôt. En effet depuis les sommets de Rio (1992) et de Johannesburg (2002), les ONG ont été confirmées comme acteurs à part entière de la scène internationale. Représentants incontournables de la société civile sur les scènes nationales et internationales, nous connaissons souvent les ONG à travers leurs actions (opérations commandos, campagnes médiatiques…), pour autant le monde des ONG est beaucoup plus diversifié et vaste qu’il n’y paraît et on ne peut réduire leur découverte à la seule lumière des médias à sensations.
- ONG et groupes d’intérêts
Participer, prendre place dans la gouvernance national et/ou mondiale, c’est acquérir une position qui permette d’exposer son point de vue et d’arriver à le faire prendre en compte par les différentes parties concernées. Ainsi, peut-on considérer que les ONG font partie intégrante de la grande famille des groupes d’intérêts. Car en vérité, sur quoi repose la constitution, l’organisation, l’action d’une ONG si ce n’est sur la manifestation initiale et la volonté de représentation d’un intérêt partagé par un groupe de personne. Evidemment, un CIQ de quartier qui est aussi un groupe d’intérêt ne partage pas les mêmes ressources financières, humaines et techniques d’une ONG et n’a pas la même vocation même si la base d’un intérêt à défendre est présente aussi.
- Indépendance et dépendance budgétaire.
Une ONG comme son nom l’indique est une organisation non gouvernementale. Ce qui fait d’elle une structure théoriquement indépendante de toute ingérence extérieure (Etats, entreprises…). Retenons cependant qu’une théorie comprend souvent des exceptions et s’il est admis, voir logique, qu’une ONG reçoive la participation financière d’un Etat, cette dernière n’a pas pour résultante obligatoire l’adhésion de l’ONG a une politique ou un régime. L’indépendance doit au moins rester morale à défaut d’une dépendance budgétaire.
- Ressources.
L’ONG qui se veut influente doit aussi disposer de moyens humains et d’une organisation adéquats pour faire fonctionner efficacement son répertoire d’actions. Certaines d’entres elles disposent de personnes renommées qui soutient leur cause, de scientifiques et des spécialistes engagées pouvant produire des expertises détaillées sur tel ou tel problème, d’un personnel mobilisable, polyvalent, d’acteurs de terrains, de réseaux…Les ONG peuvent à ce titre être considérées comme des organisations complètes dont la souplesse et l’adaptabilité rendent certaines d’entres elles d’une efficacité redoutable. L’influence des ONG dépend donc des ressources qu’elles peuvent mobiliser en terme financier (une campagne médiatique couvrant le monde entier coûte beaucoup d’argent…), humains et techniques.
- Répertoire d’actions.
Le répertoire d’actions regroupe l’ensemble des moyens dont peut disposer une ONG pour faire valoir ses objectifs auprès d’un public, d’une institution, d’une entreprise.
Sans exhaustivité, on compte dans ses moyens d’actions :
-l’action relayée par les médias, l’opinion publique.
-la production d’expertise (en direction des pouvoirs publics, des institutions nationales ou internationales, des sociétés dans un cadre partenarial…)
-les actions d’influence, de lobbying par l’intégration de l’agenda politique et la représentation sur les scènes de décision (Bruxelles…). Ces actions sont d’ailleurs souvent l’expression des outils de campagne médiatique, d’expertise, de participation aux commissions de travail…
-la diffusion d’information via les sites internet dédiés des ONG
-la formation d’individus, de salariés dans un cadre coopératif dans la société civile et la sphère entrepreneurial.
-les actions de « produit-partage » qui consiste à « labelliser » un produit conforme aux engagements de l’ONG (le macaron UNICEF pour certaines marques commerciales…). Une partie du produit de la vente revenant dans les caisses de l’ONG.
-le regroupement qui permet à plusieurs ONG de mutualiser leurs ressources pour la défense d’un objectif commun.
-l’action judiciaire qui permet de valider la démarche de l’ONG par l’obtention de décisions juridictionnelles….
Ce panel de moyens et d’actions sera utilisé en fonction de la cible à atteindre et des ressources disponibles. Bien souvent les ONG utilisent plusieurs moyens à la fois afin d’optimiser leurs résultats.
- Entreprises et ONG
Les ONG, nous venons de le voir, sont des acteurs clairement identifiés sur l’échiquier mondial. La grande entreprise (multinationale, transnationale…) n’est pas le seul terrain d’action des ONG comme les médias peuvent nous le laisser entendre. Les institutions en tant que garant et producteur de la « Hard Law » (création et modifications des règles juridiques) sont aussi les interlocuteurs privilégiés des ONG et peuvent modifier profondément les données économiques d’un marché donné (influence sur les normes, alerte des institutions sur des défaillances ou des entorses au domaine concerné par l’ONG…). Les entreprises doivent donc avoir un œil avisé sur les activités des ONG et pourquoi pas sollicitez leur concours dans les cadres de partenariat qui peuvent exister. Envisagez une implantation dans un pays, prendre la « température » de ce pays, contactez ses acteurs, former son personnel à une thématique privilégiée d’une ONG, bénéficier de leur point de vue, se renseigner sur leur travaux dans les institutions nationales et internationales…cela ne peut être que favorable au développement de votre activité et vous évitez des surprises par l’anticipation des mouvements que pourrait impulser les ONG sur votre secteur.
Les ONG ne sont pas forcément les « empêcheurs de tourner en rond » ainsi qu’elles sont communément présentées, il suffit pour s’en convaincre de bien relire la définition du département information des nations unies….partenaires et parties prenantes dans la nouvelle gouvernance mondiale, elles disposent de ressources, d’expérience du terrain, d’expertise, de réseaux que beaucoup d’entreprises voudraient avoir.
Pour conclure sur un sujet que quelques pages sur iepedia ne suffiraient pas à épuiser, je vous propose un lien fort intéressant et pratique. Il vous conduira sur la base de données des ONG et vous permettra de les identifier par le biais d’un moteur de recherche efficace et complet :
Vous pourrez par ailleurs vous inspirer des exemples de partenariat ONG-Entreprises détaillés sur ce site.
Et n’oubliez pas : la vérité n’existe qu’à travers le prisme de notre propre regard…aussi, si cet article vous interpelle, vous révolte et je ne sais quoi d’autres, faites m’en part. Mageek5 discute, échange, confronte et sait se remettre en cause…Email : mageek5@yahoo.fr
Votre serviteur.--Mageek5 5 mars 2010 à 11:50 (CET)
