Entreprises, IE et Etat.
Un article de IEpedia.
Entreprises, IE et Etat.
Le soutien aux entreprises stratégiques |
Il y a beaucoup d’ambiguïté dans le terme "stratégique", car il dépend du point de vue où l’on se place. Sur un marché mondial ouvert, les entreprises ou établissements financiers puissants ont les moyens de prendre le contrôle, parfois de façon hostile, de sociétés qui les concurrencent ou qui ont des atouts technologiques et industriels de premier plan.
Un des volets de la politique publique d’intelligence économique a consisté à encourager la création de fonds d’investissement en capital-risque, particulièrement orientés vers les PME développant des technologies intéressant la sécurité aussi bien que l’avenir de l’économie française.
• Les secteurs stratégiques
Il y a beaucoup d’ambiguïté dans le terme “stratégique”, car il dépend du point de vue où l’on se place. Tout entrepreneur considérera que son activité est stratégique, car elle fait vivre sa société et fournit des emplois à ses salariés. Pour autant, sur un marché codifié par des règles de concurrence très strictes, il n’appartient pas à l’État d’apporter son soutien financier ou juridique à tous les acteurs économiques. La politique publique d’intelligence économique joue un rôle en ce sens.
• Protection des intérêts de l’Etat
Sur un marché mondial ouvert, les entreprises ou établissements financiers puissants ont les moyens de prendre le contrôle, parfois de façon hostile, de sociétés qui les concurrencent ou qui ont des atouts technologiques et industriels de premier plan. L’État, qui a une attitude délibérément ouverte à l’égard des investissements étrangers, a cependant la responsabilité d’éviter que de telles opérations ne conduisent à une situation de dépendance stratégique vis-à-vis de l’extérieur, en particulier pour les équipements et services contribuant à la défense nationale ou à la sécurité publique. Le régime de contrôle des investissements étrangers a récemment été remanié, pour le rendre conforme aux obligations de l’Union européenne. Les entreprises qui fournissent des produits ou des technologies sensibles ne peuvent passer sous contrôle étranger qu’avec l’autorisation de l’administration, qui peut poser des conditions à l’opération, en vue de préserver les intérêts nationaux.
• Les fonds d’investissement
Un des volets de la politique publique d’intelligence économique a consisté à encourager la création de fonds d’investissement en capital-risque, particulièrement orientés vers les PME développant des technologies intéressant la sécurité aussi bien que l’avenir de l’économie française. Plus de 200 millions d’euros pourront ainsi être investis dans des projets prometteurs, avec une garantie d’actionnariat stable sur le moyen terme.
Veille et alerte |
Compte tenu des risques et des menaces de l’environnement mondial actuel, il revient à tout décideur de veiller les tendances et les informations susceptibles de produire des effets sur son organisation dans le but d’alerter et de prévenir. L’une des solutions pour maitriser la surabondance d’information est de recourir, certes à l’appréhension du cycle de l’information, mais surtout à des outils logiciels de veille ou encore de traduction.
• La maîtrise du cycle de l’information
L’information utile est largement disponible mais encore faut-il relever plusieurs défis. Le premier est celui de la trouver dans une économie de l’information globalisée. Le second est celui de la recouper, compte tenu des informations faussées, mensongères et des actions de désinformation ayant cours dans les médias ou sur Internet. Le troisième est celui de l’analyse des fruits de la recherche afin qu’elle corresponde aux besoins de l’utilisateur final.
• Les outils de veille
Le cycle de l’information est primordial, mais encore faut-il posséder les outils pour le maîtriser. Compte tenu de cette complexité, les logiciels informatiques offrent une possibilité indéniable pour couvrir l’ensemble des étapes de ce cycle.
• Les outils de traduction
Les technologies de la langue, et notamment les outils de traduction automatique, représentent des enjeux économiques croissant avec le développement de la société de l’information.
Formation et recherche |
La formation, initiale et continue, joue donc un rôle clé dans la politique publique d’intelligence économique. Afin que la démarche d’IE puisse déboucher sur des actions appropriées, il est nécessaire de former des spécialistes à même de conduire des politiques d’intelligence économique dans les entreprises et d’en développer les outils. La formation de tous les acteurs d’une part, d’un nombre adéquat de spécialistes d’autre part suppose un développement important de l’enseignement supérieur en intelligence économique. Le caractère pluridisciplinaire de l’intelligence économique et la persistance de confusions et d’amalgames ont rendu impérative la définition claire du périmètre de la formation à l’intelligence économique. Ceci s’est traduit par la constitution d’un référentiel de formation. Sur la base de ce référentiel, de nombreuses formations ont vu le jour.
• Le référentiel des formations
La formation, initiale et continue, joue un rôle clé dans la politique publique d’intelligence économique. Une politique de formation ne peut se concevoir sans un langage commun qui permette aux uns et aux autres de se comprendre et de partager des objectifs. C’est dans ce but que le référentiel de formation en intelligence économique a été présenté au public le 23 mai 2005, par le Haut responsable. Fruit d’une commission réunissant des professeurs et des chercheurs, il répond au besoin, exprimé par de nombreux acteurs et observateurs, d’une clarification des contenus et des méthodes de l’intelligence économique.
• Les formations à l’IE
Sur la base du référentiel des formations à l’intelligence économique, deux axes de travail ont été retenus, les formations initiales et les formations continues, avec le même objectif : permettre au plus grand nombre de recourir à l’intelligence économique comme méthode d’analyse et de traitement des enjeux, à la fois sous l’angle de l’influence, de la veille et de la protection des actifs.
• La recherche
La volonté de doter la France des meilleurs outils et méthodes pour la pratique de l’intelligence économique dans les années à venir induit des besoins de recherche multiples au croisement des sciences humaines, linguistiques, économiques, sociales, politiques, juridiques et des sciences et technologies de l’information et de la communication.
• Les textes de référence
Voici une liste d’articles ou d’ouvrages de référence qui permet, soit de se doter d’une véritables culture d’IE, soit de se tenir au courant des dernières innovations techniques ou des derniers travaux de recherche dans ces domaines. Cette liste n’est pas exhaustive, mais pourra être enrichie...
L’IE hors de France |
L’appropriation et la mise en place de l’IE sont fortement corrélées à la culture et à l’histoire du pays dans lequel elle est développée. Les Etats sont à des niveaux de pratiques différentes dans l’application de l’intelligence économique. L’Angleterre, le Japon, les Etats-Unis ainsi que les pays nordiques sont à l’avant garde de cette mise en œuvre. Des Etas membres de l’Union européenne commencent désormais à s’intéresser à cette démarche en entamant des actions ciblées dans certains domaines de leur économie. Par ailleurs, la globalisation des échanges offre des opportunités de marchés indéniables pour les entreprises qui doivent, plus qu’avant, porter une attention particulière à la gestion de leurs risques lors de leur développement à l’international. Aussi, l’IE apporte-t-elle une plus-value dans ces démarches stratégiques dans lesquelles l’Etat peut avoir un rôle à jouer.
• Conquête de marchés
Conquérir un marché est de plus en plus complexe. L’entrepreneur doit maîtriser ses risques d’investissement, opérationnels, légaux, sécuritaires et encore politiques. La profusion d’informations implique de savoir apprécier les critères susceptibles de freiner les projets de développement. Or, les marchés internationaux permettent aux entreprises de fortement accroître leur chiffre d’affaires. Grands groupes et sous-traitants peuvent trouver des informations mises à leur disposition qui permettent de faciliter leurs démarches à l’exportation.
• En Europe
Les États ont un rôle majeur à jouer pour aider les entreprises. Ils doivent les aider à se battre à armes égales dans la compétition mondiale. Même si l’implantation de ce concept et de la méthode de cette nouvelle responsabilité des Etats n’est qu’à ses débuts, certains pays européens sont en train de défricher le terrain pour les autres.
• A l’international
Vouloir se développer sur les marchés étrangers implique d’être méthodique et rigoureux. En effet, la définition du plan stratégique ou encore le montage juridique et financier d’une opération d’exportation ou de la création d’une implantation locale demandent l’application de grilles de lecture globales. L’intelligence économique propose justement un angle de vision différent à ce type de projet. Elle offre la possibilité de définir les risques informationnels, les vulnérabilités juridiques, les risques financiers, la cartographie des acteurs impliqué de près ou de loin dans ce projet. Dans cette perspective, l’Etat peut apporter des éléments concrets.
La protection des actifs immatériels |Economie de l'immatériel
L’une des dimensions de l’intelligence économique est de protéger les actifs de l’entreprise. Or ces actifs sont, à l’heure actuelle, multiples et très diversifiés au point qu’il devient très difficile d’en assurer une couverture complète. Du vol de données sensibles contenus sur des supports informatiques en passant par la dépréciation de la réputation ou de l’image de l’entreprise ou encore des actes terroristes contre des bâtiments de production, l’entreprise en fait de plus en plus les frais.
• Externalisation des données
Les entreprises comme l’État font désormais appel à un nombre croissant de partenaires extérieurs. Ce phénomène de sous-traitance ou d’externalisation de services, souvent sensibles, soulève de vraies questions en termes de sécurité des informations, des biens et des personnes. Les entreprises et les administrations publiques démembrent de plus en plus de fonctions parfois vitales et stratégiques, autorisant ainsi des entités extérieures à accéder à leurs secrets et donc à leur "cœur de métier" : audit, conseil, sécurité/gardiennage, maintenance informatique, assurance, cabinets de traduction. Cette perméabilité désormais structurelle aux agressions extérieures constitue une vulnérabilité majeure.
• Vol des données
L’exemple type du vol de données est celui des ordinateurs portables dans les secteurs industriel et scientifique. L’utilisation d’ordinateurs portables à des fins professionnelles est devenue courante sinon banale.
• Récupération de données
Quelques entreprises ou cabinets de conseil se sont spécialisés dans la récupération de données. Ce service peut se révéler indispensable dans un monde où l’information interne à l’entreprise est désormais presque intégralement sur support numérique. Pour autant, le sujet devient sensible lorsqu’il s’agit de faire appel à ce genre de services et de confier à une sous-traitance la récupération d’informations stratégiques.
Les partenaires |
La politique publique engagée par le Premier ministre et mise en œuvre par la mission du Haut responsable est accompagnée par différents partenaires. Ces derniers ont pris part aux travaux des groupes de travail mandatés par le Groupe permanent. Ils ont ainsi pu partager leurs expériences et leurs savoir-faire avec ceux des responsables de l’administration. Leurs participation a ainsi contribué au développement de l’intelligence économique en France et notamment dans leur cœur de métier. L’action de la mission du Haut responsable s’est donc appuyée à la fois sur la Fédération des professionnels de l’IE, sur les acteurs des TIC et sur des cercles de réflexion.
• La FéPIE
La Fédération des Professionnels de l’Intelligence Economique (FéPIE), a pour principal objectif de structurer et d’organiser une profession qui, sous l’appellation générique « d’Intelligence économique » regroupe des métiers très variés, mais tous orientés vers la préparation de la décision stratégique ou managériale. Sa création correspond à un besoin de lisibilité pour les clients potentiels et de visibilité pour les professionnels de l’IE et de dialogue avec les pouvoirs publics.
• Les acteurs des TIC
Les technologies de l’information et de la communication jouent un rôle fondamental dans la démarche d’intelligence économique. Pour mener à bien les travaux dans ce domaine, le HRIE s’est entouré de partenaires dont la compétence dans ces domaines n’était plus à démontrer. Ces derniers ont pris une part active, et le font encore, aux différentes réunions de travail. Leur savoir-faire et leurs disponibilités ont permis de faire efficacement progresser la politique publique d’intelligence économique.
• Les cercles de réflexion
Les cercles de réflexion ou "think-tanks" regroupent des chercheurs, des professionnels, ou encore des spécialistes pour réaliser des idées. Parfois liés à l’univers politique ou proches du gouvernement, les cercles de réflexion connaissent un essor particulier dans le monde anglo-saxon. Ces cercles sont de véritables "réservoirs de pensée" qui offrent une vision souvent originale et documentée des problèmes de société ou des conflits internationaux. Certains pays utilisent ces centres pour mener des études stratégiques sur des régions du monde ou pour faire des analyses prospectives dans des secteurs comme celui de l’énergie ou des communications. Les "think-tanks" sont devenus des vecteurs d’influence, des contre-pouvoirs considérables. Ainsi contribuent-ils à la vitalité des débats publics et notamment en France dans le domaine de l’intelligence économique...
