Campagne diffamatoire
Un article de IEpedia.
Campagne de diffamation.
- Petites définitions non exhaustives :
Diffamation : du latin « diffamatio » qui signifiait l’action de divulguer, de répondre (source : centre national de ressources textuelles et lexicales). En terme juridique, la Loi du 29 juillet 1881 en son article 29 dispose que la diffamation est caractérisée par « toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé » .
- Méthode qui, quoi, comment, quand, où, pourquoi pour analyser une campagne de diffamation.
- Qui peut organiser une campagne de diffamation ?
A fortiori, une personne ou un groupe de personne qui a décidé que vos intérêts, vos opinions, vos objectifs devaient êtres combattus pour des raisons qui lui sont propres en projetant publiquement une analyse destinée à détruire votre image, votre réputation, vos relations et, in fine, d’impacter votre organisation.
La question d’avant crise pour entamer un cycle du renseignement(Cycle du renseignement) : Qui pourrait chercher à porter atteinte aux intérêts de ma société ?
- Quoi (qu’exploiter dans une campagne de diffamation ?)
L’attaquant a le choix des armes. Il exploitera la moindre faiblesse et portera son attention sur vos produits, votre organisation, votre qualité de service, vos fournisseurs, vos clients, vos partenaires commerciaux, vos réseaux nationaux ou internationaux, votre culture d’entreprise, votre parcours professionnel personnel…tout est attaquable, à conditions de connaître quelques éléments de votre organisation.
Question d’avant crise et cycle du renseignement (Cycle du renseignement) : quels sont les points d’entrée, voir les faiblesses de ma société susceptibles de faire l’objet d’une attaque ? (marche aussi pour les Boycotts et les Rumeurs !!!). Les scénarios que vous dégagerez pourront vous être utiles pour mettre en œuvre des procédures de défense active et au pire enrayer ou gérer une crise naissante.
- Comment (quels moyens sont exploitables pour une campagne de diffamation ?)
Les moyens sont pléthores. L’attaquant a le choix des moyens. Son message sera élaboré en fonction de plusieurs critères :
-l’audience cible (le type de public que l’attaquant espère toucher) (qui suppose sa connaissance).
-La forme et le contenu du message (impact de l’image, phrasé percutant, techniques propagandistes…).
-Le choix de la meilleure « caisse de résonance » (canal de communication) pour atteindre l’audience cible (internet, tracts, presse…)
-Le moment (quand) et l’endroit (où) (voir infra).
Exemple : un conflit syndical a éclaté au sein d’une société récemment. Les négociations ont porté leur fruit. Le conflit a été réglé. Un attaquant décide de « saper » la société en exploitant cet événement interne. Il organise sa campagne de diffamation autour des thèmes de la gestion du personnel qui, selon lui, serait en contradiction avec le droit du travail. Qui plus est, toujours selon lui, les salariés seraient exposés durant leur tâche à de graves manquements à la sécurité. Cerise sur le gâteau, l’attaquant déclare qu’aucun document unique (DU)(le Document Unique) n’est élaboré par la société depuis 2001… (Pour rappel, le document unique retrace les risques, notamment en matière de sécurité, de l’entreprise et est obligatoire depuis 2001). L’attaquant choisit Internet et en particulier les sites de réseaux sociaux professionnels pour dénoncer ces pratiques…sous une fausse identité, cela va de soit. Son contenu fait référence au dernier conflit évoqué plus haut entre les salariés et la direction (technique de désinformation sur la base d’un fait avéré – Cf. Vladimir Volkoff – Désinformation Flagrant Délit)…l’attaque est lancée.
S’il semble difficile, en l’espèce, de mesurer les impacts d’une telle campagne, il est toutefois évident que la société en question a tout intérêt à former une cellule de crise dés qu’elle a connaissance de cette campagne. Laisser courir une telle « désinformation » pourrait aboutir à un degré médiatique encore plus préjudiciable que le blog ou le forum.
Question d’avant crise et cycle du renseignement (Cycle du renseignement): qui peut on cibler dans mon environnement d’affaires (clients, fournisseurs…) ? Comment dégager les signaux d’une campagne sur les supports de médiatisation ? (opportunité d’une veille internet, lire la presse…) quel contenu pourrait être exploité ? (faire appel à la mémoire de la société au moment des crises…)
- Quand (le moment de la campagne).
La campagne diffamatoire se positionnera de préférence à des moments où l’entreprise peut présenter des « failles » dans son organisation, son fonctionnement. Une période de conflit interne, un pays dans lequel elle importe et dont la situation politique est décriée, la défaillance d’un produit, une relation commerciale interrompue, une baisse d’activité conjoncturelle…l’attaquant fera feu de tous bois !!! Aussi, encore une fois est-il nécessaire de cartographier les risques et les menaces avant qu’une crise ne survienne en utilisant la mémoire (Articles RIE - table des matières) de la société et l’expertise de ses acteurs (de la base au sommet).
Exemple : un ouvrier du BTP a entendu un argumentaire peu favorable sur son entreprise au cours d’une réunion de chantier (son patron aurait des relations avec les élus locaux ce qu’il lui permettrait d’obtenir plus facilement les marchés publics du secteur). Le délégué à l’intelligence économique de la société (qui est souvent le dirigeant lui même) a instauré (heureusement pour lui) un système de « notes d’étonnement » (la note d'étonnement) qui lui permet de faire remonter ce type d’information. Il pourra utilement utiliser la note de son salarié et mettre en place une cellule de veille consacrée à ce qui risque de devenir une rumeur dangereuse pour son activité.
Question d’avant crise et cycle du renseignement(Cycle du renseignement) : évaluer les scénarios et les moments potentiellement favorables à une attaque de type informationnelle.
- Où : (le lieu de l’attaque)
La question peut paraître superflue mais l’endroit, le lieu de divulgation d’une campagne diffamatoire a son importance. Tout au moins pour en analyser les impacts possibles. En effet, une campagne menée à proximité du siège de la société peut toucher l’environnement immédiat de celle ci tant au niveau externe (riverains, commerces, autres sociétés, pouvoirs publics à proximité…) qu’au niveau interne (salariés, fournisseurs, clients…). La distribution de tracts devant le siège ou une manifestation riveraine peut servir d’exemple. Le choix du lieu sera donc fonction de l’audience cible et déterminera les conséquences de propagation de la campagne (présence de journalistes, de représentants associatifs…). Le lieu peut aussi se confondre avec le canal de communication. Ainsi Internet est un lieu au sens où il fédère une communauté d’internautes en fonction des sites.
- Pourquoi ? (les raisons d’une attaque)
Cette question reste souvent la plus complexe à résoudre. Concurrent, hacker, militant de groupe d’intérêt, ancien salarié…les raisons d’une attaque appartiennent à chacun mais les objectifs restent les mêmes : Enrayer, paralyser voir anéantir l’organisation cible.
Enrayer ou paralyser la structure peut répondre à différents motifs comme obtenir du temps ou un avantage concurrentiel pour un concurrent, créer des dégâts dans l’organisation qu’ils soient durables ou ponctuels (perte de confiance des actionnaires, retrait des investisseurs, boycott client, perte de chiffres d’affaire…).
Viser la destruction, même si cela semble plus compliqué à mettre en œuvre est néanmoins possible. Il suffira que l’attaquant soit réellement motivé (voir acharné) pour la cause qu’il propose de défendre.
Pour les amateurs d’analyse « spécialisée », je dirais d’évaluer les motivations d’un attaquant sous le biais d’une méthode issue du FBI, à savoir M.I.S.E,(MISE) qui signifie en français : Monnaie, Idéologie, Sexe, Ego. Ces quatre facteurs expliqueraient la plupart des motivations humaines…réducteur peut être mais assez efficace parfois.
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--Mageek5 16 février 2010 à 08:36 (CET)
